Guerre & Paix

Par Philippe Voarino

Il y a vingt ans que je passais pour la première fois le seuil du vieux dojo d’O Sensei à Iwama. J’étais un jeune professeur d’Aikido inexpérimenté, deuxième dan, sûr de ses connaissances, comme on l’est avant que la vie ne vous enseigne un peu l’humilité.

Je n’oublierai pas ce premier cours. J’attendais comme je l’avais appris que mon partenaire attaque avec shomen uchi et j’appliquais alors ikkyo omote. Je fis cela deux fois, trois fois peut-être avant que ne claque un « damé ! » sonore qui était, sans que je m’en doute alors, le signal et le début de la remise en question de tout ce que je croyais savoir en Aikido.

Damé ! Ca ne va pas ! Morihiro SAITO venait d’interrompre le cours. Tout le monde à genoux et me voilà au milieu de ce cercle, prié de reproduire mon erreur. Maître SAITO m’arrêta bien vite et expliqua qu’O Sensei faisait toujours ikkyo omote en attaquant le premier, et que cette technique n’était pas réalisable directement si j’attendais l’attaque d’aite. C’est moi au contraire qui devais attaquer et contrôler avec ikkyo omote.

Lire la suite de l'article

%d bloggers like this: